Les soeurs de Maria Nelle

le témoignage des soeurs de Maria Nelle

Notre communauté de Maria-Nelle est située à 4 kms de la ville de Banfora, actuellement nous y sommes 7 sœurs  sur place, une en étude  d’institutrice à OUAGA, une autre  et deux novices en formation à GOUAREC.

Nos objectifs dans notre action auprès des populations rurales, sont :

-        améliorer le niveau d’éducation et de formation humaine technique et professionnelle des jeunes et des femmes, améliorer les conditions sanitaires et d’hygiène des enfants, sensibiliser les villages et soutenir la mise en route des AGR (activités génératrices de revenus)

-        améliorer la sécurité alimentaire et la santé nutritionnelle des enfants et des familles

Pour cela nous avons, comme moyens d’action :

-        -le dispensaire, le CREN, le centre de Rééducation, l’école STE Monique dont nous assurons la totalité de la gestion

-        d’autres actions sont gérées avec les populations : les cantines, les groupes de femmes, de jeunes (garçons et filles), le centre de formation des jeunes et enfants en échec scolaire

-        nous travaillons jusqu’à 85 kms de Banfora

Le dispensaire et le CREN

Notre objectif, permettre de donner les premiers soins aux femmes des villages environnants et une éducation aux problèmes de santé  de la mère et de l’enfant. Cet objectif est motivé par le fait que, dès notre arrivée à la Communauté, la population venait facilement vers nous en cas de problème de santé, par manque de structure sanitaire existante dans les villages et l’éloignement des services de santé de la ville  de Banfora. Nous avons eu l’autorisation d’ouvrir un centre de santé primaire. Nous avons une population  pauvre qui fait plusieurs kms pour nous atteindre. En effet sont plus nombreux ceux qui   viennent de plus de 10 kms. Les consultations mensuelles et pansements sont entre 500 et 800 par mois et 30 à 60 consultations par jour. Nous avons de bonnes relations avec la Direction de la santé des Cascades (c’est ainsi que se dénomme la région géographique où nous sommes) et le district sanitaire de la Comoé dont nous dépendons. Il nous prend en compte pour les formations, les supervisions. Nous nous ravitaillons au  district pour les médicaments. Les soins n’étant pas payés (seuls les médicaments le sont), le côté « finances » est difficile et nous avons du mal à trouver des soignants qui acceptent de durer avec un salaire sans indemnités. Il y a la distance, le travail intense, la qualité que nous exigeons qui n’est pas facile aussi. Dès qu’ils peuvent s’intégrer à la fonction publique ils le font ! Tant que nous n’aurons pas une autre sœur formée cela ne sera pas stable.

 

 

Le CREN fait partie du dispensaire. Dans les désirs du ministère de la santé, nous devons tendre à ce que  le centre devienne un CPS : Centre  de Santé et de Promotion sociale qui comprend un lieu de  consultation et de pansement, un CREN, et une maternité. Il nous manque donc la maternité. Au CREN actuellement i l y a une cinquantaine d’enfants  malnutris, venant surtout des villages de SINIENA, TIONONA, GNIKARA.

Les mamans viennent tous les jours au  centre pour les soins et l’alimentation de leur enfant malnutri, au moins pendant 10 jours. Ensemble elles peuvent espacer et venir 3 fois par semaine pendant 1 mois. Un enfant malnutri sévère demande 3 semaines de prise en  charge  intense pour s’en sortir. Nous utilisons  la farine que nous préparons à base de céréales de  chez nous. : mil, maïs, riz, haricot, poids de terre, arachides, sésame avec un peu de poisson. Le lait est cher chez nous et il n’est pas possible à  une famille de pouvoir l’acheter pour son bébé, même pendant 8 jours seulement. Alors nous utilisons un peu de lait et la bouillie s’améliorée. Les enfants s’en sortent bien même si c’est plus long. Actuellement se pose le problème de locaux, car ‘abri que nous avons fait est insuffisant aujourd’hui et les mamans sont sous le soleil au moment de donner la bouillie à l’enfant. Nous n’avons pas la possibilité non plus de garder une maman qui viendrait de trop loin sur place au moins pour deux jours, dans le but de surveiller de plus près le bébé malnutri.

LE CENTRE SAINT AUGUSTIN DES ANDICAPES

 

Ce centre est l’un des premiers du BURKINA mis en route par nos sœurs qui étaient là en 1970. Les sœurs avaient constaté qu’il y avait beaucoup d’enfants handicapés qui passaient leur temps dans les rues à mendier, à se trainer et n’allant pas à l’école. Ainsi elles ont créé le centre pour la rééducation de ces enfants et leur formation n professionnelle ou scolaire. En 1990 les sœurs étaient revenues en France, les sœurs de l’Annonciation de Bobo ont continué l’œuvre sans aller plus loin que la rééducation. C’est en 2010 que nous avons repris ce centre et essayons d e lui redonner  sa vocation première : aider la personne handicapée à améliorer sa santé physique et à se prendre e n charge par un travail. Aujourd’hui il y a beaucoup de progrès dans la société vis-à-vis de la personne handicapée mais il reste beaucoup à faire pour leur prise en compte dans la vie de tous les jours Nous avons à soutenir les familles car, avoir un enfant handicapé et l’accepter n’est pas facile dans les conditions de pauvreté qui sont les nôtres. Il y aa aussi la superstition qui prend beaucoup de place, et on a du mal à voir dans un enfant handicapé une personne humaine.

Au centre les enfants ont les massages tous les jours, si les parents peuvent les emmener. Nous vivons un autre problème de handicap qui de vient préoccupant : les hémiplégies d’adultes causées par  les accidents vasculaires. Certains ont un côté paralysé et perdent la parole. Pour d’autres c’est la paralysie totale. Eux aussi sont pris en charge pour la rééducation .Au mois de février nous avions au total inscrits : 35 enfants et 22 adultes, anciens et nouveaux. Ce sont des soins très longs qui demandent de la ténacité et de l’endurance. Pour les enfants  où cela peut durer plus d’une année, les familles ont des difficultés à payer les séances qui pourtant ne permettent pas  de payer les aides-kiné. Il y a là aussi le problème de distance et d’hébergement quand la famille n’est pas à Banfora. Dans toute la région des Cascades il n’y a que deuc centres et ils sont à Banfore.

 

LES ECOLES ET LES CANTINES SCOLAIRES

 

Nous soutenons pour la cantine deans deux écoles publiques : TANGORA et KOKORA ; Si T est proche, K est à 85 kms de Banfora dans la province de la LERABA. Quand nous sommes allées dans ce village, l’école n’avait que 3 classes et le recrutement se faisait tous les deux ans. Beaucoup d’enfants passaient entre les meilles. Aujourd’hui il y a 6 classes et une cantine.

Depuis la rentrée scolaire 2013/2014 nous avons l’école STE MONIQUE gérée par la communauté. Elle permet de désengorger l’école publique. Pour tous les élèves des deux écoles nous avons la cantine le lundi, mardi, mercredi et vendredi. Tous mangent à midi à l’école. C’est une grande chance pour eux.  Plusieurs font des kms pour arriver à l’école. Notre action est motivée par le fait que c’est un par l’éducation et l’instruction que nous arriverons à nous développer à partir de ce que nous  avons e t sommes. Il  y a le centre de formation pour les jeunes et enfants en échec scolaire. Ils ont 8 à 15 ans. Ils refont les programmes scolaires du CP1 au CM2. Ils pourront passer le certificat l’année prochaine. Pour  ceux dont l’âge n’est pas dépassé, continueront au collège ou dans un centre de formation professionnelle en agriculture, élevage, maraîchage. L première étape de la formation dure 5 ans.

 

L’ANIMATIO ET SENSIBILISATION AU DEVELOPPEMENT

 

 

Trois villages sont recensés cette année pour les animations : Sinirna,  Tionona, et  Gnikara  respectivement à 15, 20 et 25 kms de Maria.Nelle, les femmes sortent pour ces temps d’échanges, de réflexion et de formation.à Siniéna,  entre 50 et 60 femmes à chaque  séance et quelques hommes.

A Tionona entre 60 et 80 femmes, dans ce village assez enclavé beaucoup de bébés malnutris, mais aussi de femmes engagées désireuses d’apprendre.

A Gnika les femmes ont plus de mal. Elles sont encore au  stade de prise de conscience de leurs capacités. Les 20 – 40 femmes régulières aux animations prennent confiance en elles-mêmes. Une d’elle est dynamique au niveau du dépistage des enfants malnutris et il y en a beaucoup.

Le problème de la malnutrition dépend du niveau de vie des populations. Une maman bien nourrie aura un bébé en bonne santé.

Les thèmes de réflexion abordés au mois de novembre ont été axés sur l’hygiène : à Sinirna par exemple voici la participation aux causeries :

-        Hygiène du cadre de vie : 56 participants : 5 hommes et 51 femmes

-        Hygiène corporelle et vestimentaire : 28 participants : 0 homme et 28 femmes

-        Hygiène de l’eau et des aliments : 2 hommes et 67 femmes

Le but est de leur permettre elles-mêmes de trouver les causes les conséquences et les moyens ou actions qui peuvent être mis en œuvre pour combattre le manque d’hygiène. Il est revenu souvent le manque de moyens : les récoltes ne sont plus abondantes comme avant, on ne peut plus se permettre de vendre. E tsi l’on est obligé de le faire à cause de la maladie, ou de la scolarisation des enfants, il faudra racheter tôt ou tard du maïs pour la nourriture. Alors le côté économique devient difficile. Quant aux familles nombreuses c'est qu’au village plus on a d’enfants plus  cela nous fait des travailleurs au champ! Mais aujourd’hui il y a changement aussi. Les terres ne sont plus fertiles. Il faut donc changer aussi nos mentalités. Nous sentons que ces moments d’échanges permettent une prise de conscience surtout de la réalité d’aujourd’hui.

La mise en route des A.G.R. (activités génératrices de revenus) a une place importante dans notre dynamique de sensibilisation. Actuellement 5 groupes de femmes sont ainsi au travail. Cela représente à peu près 250 femmes. Ces groupes aujourd’hui sont autonomes à partir de leur épargne du groupe, d’autres se préparent à se mettre en route dans les villages où a lieu les causeries sensibilisatrices.

Nous avons une grande reconnaissance envers ACTION JUSTICE ET PAIX qui nous a permis de mettre en route ces AGR avec les femmes de T. et K.. Le travail continue aujourd’hui avec d’autres villages.

Si nous pouvons faire ce que nous venons de vous relater, c’est grâce à votre soutien financier, amical et matériel. Vous ici et nous au Burkina nous menons le combat de lutte contre la pauvreté et le sous –développement. Merci de nous comprendre si bien. Il s’agit de mettre en œuvre une solidarité et une  entraide.

MERCI BEAUCOUP

 

VOS SŒURS DE MARIA-NELLE

 

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